Tendero, ou les vertus expressives de la ligne.

Elégance et précision du trait, harmonieuse complexité des entrecroisements, le geste graphique est ici premier, à l'évidence. Dessin épuré, magistral, longuement expérimenté dans les innombrables figures qui peuplent les carnets de l'artiste, tracées de préférence d'une unique trajectoire du crayon. L'oeil est conduit par la ligne évidente qui l'entraine vers les pleins et les déliés de la forme. Ligne souple, courbes légères pour la grâce du corps féminin idéal, trait direct pour l'élan vital, projection puissante et incisive vers un infini suggéré. Et toujours, même dans les structures les plus rigides, l'inflexion d'un détail délicat, à l'image de l'homme : franc et droit, mais aussi fraternel et tendre.

Le sculpteur fixe sans compromis la forme épurée et idéalisée dans la nudité des textures : le plus lisse de la veine pour le marbre et le bois des fruitiers, la juste rugosité du grain pour le calcaire, la brillance sans faille pour le métal. Alors, par le jeu de la lumière, la matière devient pur véhicule du mouvement. Alors c'est aussi le creux, l'envers du trait, qui devient figure, soigneusement inscrite dans l'espace : richesse et ambiguïté de la forme qui dit aussi son contraire.

 

Le corps humain - surtout féminin - est omniprésent, y compris dans les formes les plus abstraites, révélé par quelque détail ou mouvement suggestif. La vie palpite dans les vagues chaudes du bois, le métal même sait devenir lyrique. L'énigme du couple et l'inaccessible fusion des corps se lisent dans les entrelacements complexes. La puissance et le mystère du vivant se lovent dans les volumes premiers : sphères et ovoïdes sont le noyau d'où naissent et où viennent se résoudre toutes les forces.

 

Hymne à la plénitude et désir incessant d'envol, l'oeuvre de Maxime Tendero dit de manière originale et singulière l'harmonieuse connivence entre la matière et l'esprit.

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